valoriser les récifs par la recherche

sciences et techniques

Pour juger de l’impact réel des récifs artificiels sur le milieu, Atlantique Landes Récifs a engagé, dès l’origine, un suivi scientifique sur ses trois concessions. Paramètres physico-chimiques des espaces concernés, résistance des structures, analyse de la faune et de la flore fixées… tout est étudié à la loupe..

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Pour promouvoir les récifs artificiels et s’assurer du soutien de partenaires financiers, l’association Atlantique Landes Récifs s’attache, depuis sa création, à valoriser les structures immergées en prouvant leurs apports grâce à la recherche scientifique.

différents types de suivi

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plongées sous-marines

Réalisé par un bureau d’études et une équipe de plongeurs bénévoles, le suivi scientifique en plongées sous-marines consiste à compter et identifier les poissons pélagiques, démersaux et benthiques, ainsi que la faune fixée. Cela permet de calculer la richesse spécifique de chaque site. Réalisées depuis les premières immersions, les comptages en plongée ont permis de documenter la colonisation des sites au fur et à mesure des années.

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pêches expérimentales

Des pêches expérimentales ont été réalisées par un bureau d’études en 2007, 2008 et 2019. Cette méthode complémentaire aux suivis en plongée permet d’avoir des données précises sur la taille et le poids des individus et d’identifier des espèces plus craintives.

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expérimentation du suivi par caméra

En 2019, ALR a testé un nouveau type de suivi avec l’immersion d’une caméra sur les récifs. L’essai a été transformé, en partie grâce à une visibilité exceptionnelle cette année. Le visionnage des films a permis d’avoir des images de certaines espèces de poissons craintives et difficiles à prendre en photo par un plongeur. Cette expérimentation sera poursuivie avec la mise en place d’un protocole permettant de compléter les données de comptage et d’identification déjà acquises.

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paramètres physiques

Durant les plongées sous-marines, le bureau d’études et les bénévoles ne s’intéressent pas qu’à la faune et la flore présentes aux abords des structures. Ils mesurent également plusieurs paramètres tels que la température et la visibilité, la profondeur autour des récifs et leur aspect général. Ces éléments permettent de calculer l’enfouissement, la stabilité des structures et d’évaluer leur résistance dans le temps.

des résultats à la hauteur des attentes

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des récifs protecteurs

Les données compilées entre 1999 et 2015 permettent d’affirmer le rôle protecteur des récifs artificiels. La présence d’organismes filtreurs et suspensivores est signe de bonne santé des milieux qui sont riches en matière organique. Ils constituent ainsi des zones de reproduction privilégiées comme le confirme l’observation de pontes de calmars, de seiches et de nudibranches. Leurs petits s’en font une zone de nurserie : il n’est pas rare de croiser des individus de petite taille et des juvéniles. Mais les éléments immergés servent aussi de zones de nourricerie, comme le prouve la présence d’individus mobiles appartenant à des niveaux trophiques supérieurs et mettant en évidence la relation entre proies et prédateurs.

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des structures solides… si on les respecte

Les récifs artificiels ont une bonne stabilité sur les sols sableux du littoral landais. Depuis leur immersion, les récifs Typi et Babel ne se sont enfouis que d’une dizaine de centimètres. . Toutefois, le non-respect de l’interdiction de pêche et de plongée sur les concessions entraine des problèmes de sécurité pour les plongeurs bénévoles de l’association, du fait de la présence de filets et de la dégradation de certaines structures.

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une thèse en cours

La compilation de ces résultats a permis à l’association de réaliser plusieurs publications et de participer à divers colloques scientifiques. Elle a notamment pris part au symposium «The sea under human and natural impacts : challenge of oceanography to the future Earth», organisé par la Société franco-japonaise d’océanographie, en 2015 au Japon.

Pour aller encore plus loir et évaluer et quantifier les effets des récifs artificiels sur les écosystèmes marins, Jessica Salaün, chargée de mission de l’association, a entamé une thèse en 2019 en partenariat avec l’Agence nationale de la recherche et des technologies, l’Université de Montpellier et l’Université de Caen. Intitulée «Approche socio-écosystémique pour évaluer la gestion des récifs artificiels par méthodes biophysiques et modélisation du réseau trophique. Etude de cas sur trois éco-régions maritimes métropolitaines», elle devrait se poursuivre jusqu’en 2021. L’enjeu est d’orienter les pouvoirs publics afin de définir des projets de conservation de la biodiversité efficaces et adaptés aux enjeux territoriaux.